Genèse Divine

Chapitre 18 : L’Aube du dragon adulte

07/04/2026 5 lectures

Je me réveillai dans l’obscurité familière de la caverne. La chaleur ambiante des murs imprégnés de lave me caressait doucement, un rappel réconfortant que j’étais à l’abri des dangers. Pourtant, quelque chose était différent. Je sentais mon corps lourd, non pas d’épuisement, mais de puissance.


En me levant, je ressentis une force nouvelle circuler dans mes membres. Je projetai un regard vers ma silhouette et restai immobile, subjugué par les transformations évidentes. Ma taille avait triplé, atteignant des proportions majestueuses. Mes ailes, autrefois frêles et peu développées, étaient désormais massives, leur envergure impressionnante suffisant à occulter la lumière diffuse des cristaux de la caverne. Le long de mon cou serpentin s’étendait une série de pics acérés, scintillants comme des lames forgées à partir de la roche elle-même.


Une notification apparut devant mes yeux, confirmant ce que je sentais déjà profondément :


"Évolution complète. Vous êtes désormais un Dragon adulte. Accès débloqué : compétences avancées et amélioration de votre souffle de feu."


Nom : Athenael

Espèce : Dragon primordial

Croissance : Dragon adulte

Essence vitale absorbée : 0/500

Satiété : Rassasié

Statistiques :

  •        Force : 45
  •        Vitalité : 35
  •        Agilité : 28
  •        Sagesse : 36
  •        Intelligence : 42


Titre :

-      Père des dragons (Permet de créer les œufs de vos descendants directs) – Disponible 1 fois tous les 15 jours


Compétences : Télékinésie (Intermédiaire), Vol (Débutant), Souffle de feu (Intermédiaire)


Mes statistiques avaient connu un véritable bond doublant pour certaines caractéristiques. Sophian m’avait donné les caractéristiques de son Mycorax adulte et ce dernier avait les mêmes caractéristiques que lorsque j’étais adolescent.


Je déployai lentement mes ailes pour les examiner. Leur membrane, d’un rouge sombre veiné de noir, semblait vibrer avec l’énergie brute de mon être. Marrakhan, encore endormi à quelques pas, émit un faible grognement en ressentant l’écho de ma transformation à travers notre lien. Son regard, lorsqu’il s’éveilla, exprimait à la fois admiration et excitation.


Je projetai une image mentale à mon héritier, lui montrant les possibilités offertes par cette évolution. Il répondit par un petit cri aigu, se dressant fièrement, comme s’il revendiquait sa part de cet accomplissement. Mais je savais qu’il nous restait encore beaucoup à faire. Ce territoire n’était toujours pas sécurisé, et chaque exploration nous exposait davantage à de nouveaux dangers.

Après un moment de contemplation, je guidai Marrakhan vers les tunnels plus profonds. Ma démarche était différente, plus assurée, chaque pas résonnant comme un tambour contre la roche. Mon jeune dragonnet semblait absorbé par mes changements, ses yeux brillants suivant mes moindres mouvements. Je projetai une image mentale de prudence : même avec ma nouvelle puissance, nous devions rester vigilants. J’étais également perplexe devant la non-évolution du dragonnet vers le stade adolescent, le système avait indiqué qu’il ne pouvait pas évoluer au même niveau que moi, mais quand son évolution allait-elle avoir lieu maintenant que j’avais progressé moi-même au stade suivant ?


En traversant une galerie étroite, je remarquai des gravures anciennes sur les parois. Des dragons, semblables à moi mais avec des attributs différents, étaient représentés dans des scènes de combat ou de domination. Cela attisa ma curiosité, mais je fus interrompu par un bruit lointain, un son qui n’appartenait pas au monde naturel.


Un bruit de cristal qui se brise. Froid et strident, différent des créatures que j’avais rencontrées jusqu’ici.

Je fis signe à Marrakhan de rester en retrait. Nos pas résonnèrent doucement alors que nous approchions de la source du bruit. Une lumière pulsante éclairait une salle immense, bordée de cristaux incandescents. Et là, au centre, une silhouette d’une créature que je ne connaissais pas.

L’inconnu était impressionnant. De grande taille, il portait l’apparence d’une créature mystique mi-humaine, mi-élémentaire. Sa peau semblait faite de cristaux polie, parsemée de veines lumineuses, comme si elle contenait une lumière intérieure. À son regard perçant, il était évident qu’il nous avait repérés avant même que nous entrions.


Je sentis mon enfant se raidir à mes côtés, émettant un faible grognement. Je projetai une image mentale de calme pour le rassurer. Mon instinct me dictait de ne pas attaquer immédiatement, bien que la tension dans l’air soit palpable.


— Fascinant, dit l’inconnu, sa voix résonnant comme une craie ripant sur le tableau noir. Un dragon adulte et son descendant dans ces profondeurs. Vous êtes plus impressionnants que ce que j’aurais cru.


Je restai silencieux, mes yeux fixés sur lui. J’analysai rapidement ses mouvements, cherchant des indices sur ses intentions. Était-il là pour nous combattre, ou avait-il un autre objectif ?


— Je ne suis pas ici pour me battre, reprit-il, levant une main en signe de paix. Pas encore, en tout cas. Une menace plus grande rôde dans ces tunnels, et je pense que nous aurions tout à gagner à collaborer temporairement, entre joueurs.


Son offre me prit au dépourvu. Les joueurs, pour la plupart, cherchaient à s’élever seuls ou à dominer les autres. Pourtant, il semblait sincère. Je projetai une image mentale à Marrakhan, lui expliquant la situation. Il émit un grognement hésitant, mais resta à mes côtés, prêt à réagir si nécessaire.


— Quelle menace ? demandai-je enfin, ma voix profonde et résonnante emplissant la salle.


Il esquissa un sourire grave avant de répondre.


— Un Basilic ancien. Une abomination qui a élu domicile à l’une des sorties de ces galeries. Son venin contamine les ressources, et sa présence nous empêche de sortir de ce dédale. J’ai tenté de l’affronter seul, mais même ma force a ses limites.


Un Basilic. Une créature légendaire dont la simple vue pouvait paralyser ou tuer. La prudence s’imposait.


— Pourquoi devrais-je te faire confiance ? répondis-je, mon ton trahissant une pointe de méfiance.


— Parce que je n’ai rien à gagner à te trahir maintenant. Si je voulais t’attaquer, je l’aurais fait quand tu as baissé ta garde. Mais nous avons tous les deux besoins de ce territoire, et cette chose doit disparaître pour que nous puissions avancer.


Je réfléchis un instant. Il avait raison sur un point : nous avions plus à perdre à nous ignorer qu’à collaborer. Une menace comme celle-là nécessitait des alliés, même temporaires.


Je projetai une image mentale de coopération à Marrakhan, qui acquiesça timidement.


— Très bien, dis-je. Mais sache que si tu me trahis, ce territoire deviendra ton tombeau.


L’inconnu hocha la tête, un sourire en coin.


— Juste ce qu’il me fallait entendre. Je suis Kael’thar, un Émissaire des gemmes. Et toi, dragon, comment dois-je t’appeler ?


— Athenael, répondis-je simplement.


Kael’thar inclina légèrement la tête.


— Préparez-vous, Athenael. Le Basilic ne tardera pas à remarquer notre présence.


— J’ai besoin de plus de temps pour me préparer, retrouvons-nous ici demain afin d’enquêter sur ce prédateur.


— Nous ne pourrons pas avoir plus de temps que ça, j’emmènerai avec moi deux de mes enfants.


Je reparti en direction de la nouvelle zone que nous avions revendiqué comme notre nouveau nid. Après avoir effectués plusieurs détours et patienté dans une zone pouvant convenir à un nid de dragon, je constatais que le joueur ne m’avait pas suivi. De retour dans notre nouvel antre, je pris la décision de condamner certains axés trop petit pour moi et mon enfant afin de limiter les visiteurs indésirables.

Je passais le reste de la journée à consolider les défenses et à aménager cet espace cinq fois plus grand que mon précédent nid, j’avais même réussi à utiliser mon pouvoir télékinésique pour créer un tuyau de roche depuis le lac de lave et aménager un bassin dans une cavité faisant office de zone sécurisé pour mes bains de lave personnel. J’avais même pris le temps de dessiner les prémices de plusieurs petites grottes servant d’espace personnel pour mes futurs descendants. Les différents cristaux luminescents avaient été réparti pour couvrir l’ensemble de la caverne et ne pas laisser de zone d’obscurité trop importante.

Le système attira ma conscience hors du jeu et une nouvelle journée réelle commença avec ses cours, ses discussions entre camarade, Braham toujours absent pour maladie et Sophian roucoulant avec sa nouvelle conquête.

L’avant soirée fut consacré à quelques corvées pour ma mère et par des recherches sur les basiliques dans les livres que j’avais acheté et par les sites internet détaillant le moindre détail de leurs caractéristiques.


De retour dans ma caverne je retrouvai Marrakhan dans un mélange d’anxiété et d’excitation. J’avais trouvé un autre joueur et j’allais m’associer à lui pour chasser ce qui semblait être l’un des gardiens des cavernes. SI nous réussissions à le vaincre nous pourrions peut-être défier la Wyverne dans un futur proche et aménager un nouvel accès à l’extérieur connu uniquement de ma race. Nous profitions du chemin vers le point de rendez-vous pour chasser de la viande et être au maximum de nos capacités.

Arrivé sur place, Kael’thar nous attendait avec deux autres golems de gemme l’un opale et l’autre d’émeraude. Après avoir échangé des politesses nous avons décidé de nous répartir chacun d’un côté du couloir menant à la destination, l’incarnation du joueur allié un peu en avant pour ouvrir la marche. Nous avions profité de du chemin pour chasser certaines bêtes ensemble et découvrir certains des pouvoirs de l’autre. 


Alors que nous avancions ensemble dans les profondeurs, je ne pouvais m’empêcher de surveiller Kael’thar d’un œil méfiant. Son apparence, bien que majestueuse, trahissait une puissance brute qui pouvait se retourner contre nous à tout moment. Marrakhan, quant à lui, semblait intrigué par notre nouvel allié, mais il restait prudent, se plaçant toujours légèrement derrière moi.


Les tunnels devenaient de plus en plus sombres, et une odeur nauséabonde emplissait l’air. Des traces de venin corrosif marquaient les parois, et le sol devenait glissant, signe que nous approchions du territoire du Basilic.


— Rappelez-vous, dit Kael’thar à voix basse, ses yeux scrutant les ombres. Ne croisez pas son regard directement. C’est ainsi qu’il piège ses victimes.


Je projetai cette information à Marrakhan, qui hocha timidement la tête. Son souffle magmatique et mon souffle de feu seraient probablement nos meilleures armes, mais je savais que la coordination serait essentielle pour vaincre une telle bête.


Soudain, un rugissement sourd fit trembler les galeries. Le Basilic approchait.


— En formation, grogna Kael’thar, son corps émettant une lumière bleutée. Quoi qu’il arrive, ne laissez pas votre garde baisser.


Je déployai mes ailes pour protéger Marrakhan, sentant la chaleur de ma puissance grandir en moi. Ce combat serait une épreuve, mais avec cette alliance temporaire, nous avions peut-être une chance.