Chapitre 34 : Une soirée au bar
Je restai longtemps immobile au centre de mon sanctuaire, les griffes plantées dans la pierre tiède, à écouter les derniers échos des galeries. Le cri lointain que j’avais perçu un peu plus tôt s’était dissipé, mais il continuait de vibrer dans mon esprit comme une menace suspendue. Les wyvernes étaient là, quelque part dans les hauteurs, hors de portée de mes yeux mais pas de mes pensées. Pourtant, malgré cette inquiétude, mon regard revint peu à peu vers l’intérieur de mon domaine.
Vers ma lignée.
Il m’arrivait encore d’oublier ce que j’étais devenu. Pas dans les moments de combat, ni lorsque je déployais mes ailes dans une galerie assez vaste pour supporter mon envergure. Dans ces instants-là, mon corps me rappelait sans douceur sa nature. La lourdeur de mes muscles, le frottement de mes écailles, la chaleur du feu au fond de ma gorge, tout cela ne laissait aucune place au doute. Mais dans les instants calmes, lorsque je réfléchissais comme un étudiant de gestion essayant d’optimiser des ressources, il m’arrivait de me voir encore comme Nathaniel, allongé sur son lit, un casque VR fixé sur la tête.
Puis je croisais mon reflet dans la surface sombre d’un bassin de lave refroidie, et l’illusion se brisait.
Athenael n’avait plus grand-chose de la petite créature maladroite sortie d’un œuf dans une grotte humide. Mon corps avait gagné en longueur, en hauteur, en présence. J’étais désormais un dragon adulte, encore jeune à l’échelle de ce monde, mais suffisamment imposant pour que les créatures mineures s’écartent à mon passage. Mes écailles noires, presque mates dans l’obscurité, prenaient des reflets violets lorsque la lumière de la lave les caressait. Certaines plaques, plus épaisses au niveau du poitrail et des épaules, formaient une armure naturelle aux bordures légèrement irrégulières, comme si mon corps avait grandi trop vite pour polir parfaitement sa propre majesté.
Mon cou était long, souple, capable de se plier avec une précision serpentine. Ma tête, triangulaire et allongée, portait deux cornes principales dirigées vers l’arrière, d’un noir plus profond que mes écailles, veinées de fines lignes améthyste. De petites pointes osseuses descendaient le long de ma nuque jusqu’à la base de ma queue, où elles s’espaçaient pour laisser place à une crête plus discrète. Mes yeux, eux, restaient ce qui me troublait le plus. Deux iris améthyste, lumineux dans le noir, trop conscients pour appartenir à une simple bête. Quand je les voyais dans mon reflet, j’y reconnaissais quelque chose de moi, mais aussi autre chose, une patience ancienne que je n’avais jamais possédée dans le monde réel.
Mes ailes, encore imparfaitement maîtrisées, étaient larges et puissantes. Leur membrane sombre se teintait de violet translucide à proximité des veines. Lorsqu’elles se repliaient contre mes flancs, elles me donnaient une silhouette presque royale ; lorsqu’elles s’ouvraient, elles révélaient au contraire mes limites, les hésitations d’un être qui possédait le ciel en théorie, mais pas encore en pratique. Mon feu intérieur, depuis son éveil, s’était stabilisé. Je pouvais sentir sa présence dans ma gorge et dans mes entrailles, comme un brasier contenu derrière une porte de pierre.
À quelques longueurs de moi, Marrakhan marchait lentement le long de la galerie intérieure. Il ne savait pas que je l’observais, ou faisait semblant de ne pas le savoir. Depuis son passage au stade adolescent, il n’avait plus rien du petit dragonnet brun qui trébuchait dans la caverne en cherchant à comprendre ses propres pattes. Il avait hérité de ma nature draconique, mais l’avait transformée en quelque chose de plus massif, plus terrestre, plus brutal. Ses écailles tiraient vers le cuivre sombre, avec des reflets de magma refroidi au niveau des articulations et du poitrail. Là où les miennes semblaient faites pour absorber la lumière, les siennes paraissaient retenir la chaleur.
Son corps était plus trapu que le mien au même stade, plus ramassé, presque taillé pour encaisser les chocs. Ses épaules larges et ses pattes puissantes lui donnaient une démarche lourde, mais jamais maladroite. Chaque pas affirmait sa présence. Marrakhan ne se déplaçait pas dans une pièce : il la revendiquait. Sa queue, épaisse à la base, se terminait par une masse plus dure, qu’il utilisait parfois comme contrepoids ou comme arme improvisée. Ses cornes, encore courtes mais déjà solides, encadraient son crâne avec une forme légèrement asymétrique depuis sa blessure. La cicatrice qui barrait le côté gauche de son visage attirait irrésistiblement le regard. Son œil perdu n’était plus une plaie ouverte, mais la marque demeurait, rugueuse, blanchie par endroits, traversant les écailles comme une fissure dans une statue de bronze.
Son œil droit, lui, brillait d’un orange intense. Il y avait dans ce regard une colère qu’il ne savait pas toujours nommer. Une colère contre les wyvernes, contre sa propre faiblesse, peut-être même contre moi. Pourtant, lorsqu’il tournait la tête vers la zone où dormait Kaëna, cette dureté se fissurait à peine. Pas assez pour qu’il l’admette. Suffisamment pour que je le voie.
Kaëna, justement, était allongée sur une pierre chaude avec le naturel d’une créature persuadée que le monde avait été construit pour son confort personnel. Elle était encore petite, bien plus fragile que Marrakhan à son âge, du moins en apparence. Ses écailles rouge sombre semblaient presque lisses, comme de fines plaques de rubis terni, traversées par des reflets dorés qui apparaissaient surtout lorsqu’elle bougeait. Contrairement à Marrakhan, elle ne donnait aucune impression de force brute. Sa silhouette était plus fine, plus légère, avec un cou délicat et des ailes encore trop grandes pour son corps, qu’elle repliait souvent de manière théâtrale autour d’elle.
Son museau était plus court que le mien, ses cornes à peine naissantes formaient deux petites pointes dorées qui, pour le moment, lui donnaient davantage l’air d’une créature précieuse que d’un futur prédateur. Mais ses yeux ruinaient cette illusion. Ils étaient d’un or clair, presque liquide, et déjà beaucoup trop expressifs. Kaëna observait. Elle pesait les réactions. Elle testait les limites. Elle savait produire un cri plaintif au moment exact où mon attention menaçait de se détourner d’elle. Elle savait aussi rester parfaitement immobile pendant de longues minutes, laissant croire qu’elle somnolait, alors que le mouvement infime de ses pupilles trahissait une analyse constante de son environnement.
Je les regardai tous les deux, et une pensée étrange me traversa.
Marrakhan ressemblait à une promesse de guerre. Kaëna ressemblait à une promesse de complot. Et moi, au milieu de ces deux promesses, j’étais censé devenir un dieu. Cette idée m’aurait fait rire si elle n’avait pas été aussi inquiétante. Une notification discrète apparut alors dans un coin de ma perception.
« Temps de session restant : faible. Préparez-vous à la déconnexion. »
Je poussai un soupir chaud qui fit frémir les poussières au sol. Le monde réel me rappelait à lui. Encore une fois, je quittais un domaine menacé, deux enfants imparfaits, un secret en formation autour de Marrakhan, et des wyvernes probablement en train de mesurer nos faiblesses. Je m’allongeai près de la source de chaleur principale, donnant un dernier ordre mental simple à Marrakhan : rester proche du nid jusqu’à mon retour.
Il tourna son œil valide vers moi.
— Je veillerai.
Je crus percevoir une légère hésitation dans sa voix. Rien d’assez fort pour être une désobéissance, mais assez pour me rappeler qu’il avait déjà commencé à garder pour lui une partie de sa vie. Kaëna, elle, se contenta de se lever, de venir se blottir contre mon flanc et de poser sa tête sur ma patte comme si ma déconnexion était une contrariété personnelle. Le monde s’effaça. Lorsque j’ouvris les yeux dans ma chambre, le plafond blanc me parut presque agressif. J’avais beau commencer à m’habituer à ces retours, il y avait toujours un moment de flottement où mes membres humains semblaient trop courts, trop faibles, trop silencieux. Je restai quelques secondes allongé, les mains ouvertes sur les draps, à attendre que mon esprit cesse de chercher une queue, des ailes et le poids rassurant de la pierre sous mes griffes.
Mon téléphone vibra sur mon bureau.
Je retirai le casque, clignai des yeux, puis tendis la main vers l’appareil. Un message de Sophian m’attendait.
« Bar ce soir ? Braham vient. Adrien aussi. On a deux nouveaux joueurs à te présenter. »
Je relus le message avec une grimace. Une partie de moi voulait refuser. Mon domaine avait besoin de moi. Marrakhan cachait quelque chose. Kaëna était probablement en train de réfléchir à une manière de transformer son frère en moyen de locomotion personnel. Et les wyvernes ne resteraient pas éternellement à distance. Mais une autre partie de moi, plus raisonnable, ou peut-être plus humaine, comprenait que j’avais besoin de sortir. Le jeu avait beau être limité par ses horaires, il occupait de plus en plus les espaces entre mes pensées. Même en cours, même à table, même dans le bus, une partie de moi restait dans la grotte.
Je répondis rapidement.
« D’accord. Pas trop tard. »
La réponse de Braham arriva presque immédiatement.
« Tu dis ça comme un vieux daron. »
Je fixai l’écran. Techniquement, il n’avait pas totalement tort. Le bar choisi par Sophian se trouvait dans une petite rue près du campus, coincé entre une librairie spécialisée dans les manuels universitaires et une boutique de réparation de téléphones. C’était le genre d’endroit où les étudiants venaient autant pour boire quelque chose que pour prolonger les discussions après les cours. La lumière y était chaude, les tables trop proches les unes des autres, et le bruit de fond formait une sorte de brouillard rassurant : rires, verres posés, conversations croisées, musique discrète.
Quand j’arrivai, Sophian était déjà installé dans un coin avec Braham et Adrien. Sophian me fit un grand signe de la main. Il avait cette manière agaçante d’occuper l’espace sans effort, comme si même les chaises semblaient se tourner naturellement vers lui. Braham, massif, les bras croisés devant un verre déjà à moitié vide, leva le menton en guise de salut. Adrien, plus discret, m’adressa un sourire calme. Deux autres personnes étaient assises avec eux. Un garçon et une fille, visiblement du même âge, peut-être un peu plus jeunes que nous. La ressemblance était frappante : mêmes cheveux châtain clair, mêmes yeux gris-vert, mêmes expressions attentives. Ils n’étaient pas identiques au point de se confondre, mais leur manière de se tourner l’un vers l’autre avant de répondre donnait l’impression qu’ils partageaient une conversation silencieuse en permanence.
— Voilà notre père des dragons, annonça Sophian avec un sourire beaucoup trop large.
Je m’assis en face de lui.
— Évite de dire ça trop fort dans un bar.
Braham ricana.
— Trop tard. Maintenant, si quelqu’un demande, tu assumes.
La fille me tendit la main.
— Moi, c’est Maëlle. Et lui, c’est Noé.
— Enchanté, répondis-je en serrant sa main, puis celle de son frère.
Noé m’observa avec une curiosité presque scientifique.
— Sophian dit que tu fais partie des joueurs qui ont déjà réussi à créer plusieurs descendants.
— Deux pour l’instant, répondis-je. Pas une armée.
— Deux dragons, précisa Braham. Ce qui, vu le coût de ses bestioles, équivaut déjà à une crise économique familiale.
— Tu es mal placé pour parler, répliquai-je. Tes Pyraks consomment des volcans entiers comme si c’était un buffet.
Il leva son verre.
— Ils ont bon goût.
Maëlle sourit, mais son attention revint vite sur moi.
— Nous avons commencé hier soir. Enfin… commencé est un grand mot. On a surtout essayé de ne pas mourir.
— C’est déjà une bonne première étape, dit Adrien.
— Vous êtes tombés sur quoi ? demanda Sophian.
Les jumeaux échangèrent un regard.
— C’est compliqué, répondit Noé. Nos incarnations sont séparées, mais pas totalement. On sent parfois ce que l’autre ressent. Pas clairement, plutôt comme une intuition. J’ai su qu’elle était en danger avant qu’elle me le dise.
Maëlle hocha la tête.
— Et moi, j’ai trouvé de la nourriture en suivant une impression qui ne venait pas de mon personnage. C’était comme si le jeu avait gardé quelque chose de notre lien réel.
Je me redressai légèrement. Cette information était beaucoup plus intéressante qu’ils ne semblaient le mesurer. Genèse Divine ne se contentait donc pas de proposer des incarnations individuelles. Il pouvait tenir compte de liens préexistants entre joueurs. Cela ouvrait des possibilités immenses, mais aussi inquiétantes. Si deux jumeaux entraient dans le jeu avec une connexion particulière, qu’en était-il des couples ? Des familles ? Des rivaux ? Des gens qui se détestaient ? Le système lisait-il seulement des profils psychologiques, ou quelque chose de plus profond ?
— Vous êtes quelle espèce ? demanda Braham.
— On préfère attendre avant de trop en dire, répondit Maëlle avec un petit sourire.
Sophian posa une main sur son cœur, faussement blessé.
— Déjà méfiants. Je suis fier de vous.
La conversation continua sur un ton léger pendant quelques minutes. On parla des premières morts évitées de justesse, des biomes de départ, des sensations étranges liées aux corps non humains. Adrien raconta comment son incarnation lycanthrope avait failli se casser une patte en poursuivant une proie trop rapide. Braham décrivit avec beaucoup trop d’enthousiasme la manière dont l’un de ses jeunes Pyraks avait plongé dans une coulée de lave avant de se coincer dans une crevasse. Sophian, lui, expliqua que ses Mycorax commençaient à développer des comportements collectifs qui l’inquiétaient autant qu’ils le fascinaient.
Puis, sans que je sache exactement comment, la discussion glissa vers un sujet plus sérieux.
Ce fut Noé qui posa la question, les doigts serrés autour de son verre.
— Vous trouvez ça étrange, vous, de jouer à créer des lignées entières alors qu’en réalité… enfin, vous voyez.
Un silence bref tomba sur la table. Je compris immédiatement ce qu’il voulait dire. La loi mondiale sur l’enfant unique n’était pas un sujet qu’on abordait toujours facilement, surtout entre étudiants. Elle faisait partie du décor de nos vies depuis si longtemps qu’on finissait par ne plus la regarder en face. Une règle administrative, sociale, familiale, inscrite dans les conversations avant même qu’on envisage d’avoir soi-même des enfants. Maëlle compléta, d’une voix plus douce :
— Nous, on a toujours été “l’exception”. Les jumeaux. La naissance multiple qu’on ne pouvait pas vraiment empêcher, mais qu’il fallait justifier partout. À l’école, dans les dossiers médicaux, pour les aides, pour les logements étudiants… Même quand les gens ne disent rien, on sent qu’ils nous comptent. Braham, pour une fois, ne répondit pas tout de suite.
Sophian fit tourner son verre entre ses doigts.
— Je n’y avais jamais pensé comme ça.
— La plupart des gens n’y pensent pas, répondit Noé sans agressivité. Pour eux, on est juste une curiosité. Une anomalie autorisée.
Je baissai les yeux vers la table.
Dans le jeu, j’avais créé Marrakhan en sacrifiant des essences vitales. Puis Kaëna. Chaque naissance m’avait affaibli temporairement, avait exigé un espace, de la nourriture, une protection, du temps. Pourtant, malgré ce coût, le système m’encourageait à multiplier ma lignée. Prospérer. Protéger. Étendre. Là-bas, la croissance était un objectif divin.
Ici, elle était un problème politique.
— Dans Genèse Divine, dis-je lentement, créer un descendant n’est pas gratuit. Ça paraît évident dit comme ça, mais le jeu te le fait sentir. Tu perds quelque chose. De l’énergie, des ressources, du temps. Après, tu dois protéger ce que tu as créé. Tu ne peux pas juste produire une unité et l’oublier dans un coin.
Lucan, avec ses orcs, semblait pourtant essayer exactement cela. Une marée de naissances, de pertes, de remplacements. Une logique de masse. Était-ce une manière de jouer, ou une manière de penser le vivant ?
— C’est peut-être pour ça que le jeu fascine autant, dit Adrien. Il remet la naissance au centre de la stratégie. Pas seulement comme une donnée familiale, mais comme une force politique.
— Tu parles comme un sujet de dissertation, grogna Braham.
— Il n’a pas tort, répondit Maëlle. Dans notre monde, avoir un enfant, c’est une décision encadrée. Dans le jeu, c’est une mécanique de puissance. Mais dans les deux cas, ce n’est jamais neutre.
Je la regardai avec plus d’attention. Elle venait de résumer en une phrase ce qui me travaillait depuis la naissance de Marrakhan.
Noé sourit légèrement.
— C’est pour ça qu’on voulait vous rencontrer. Sophian disait que votre groupe ne parlait pas seulement d’optimisation. Que vous aviez l’air de prendre vos créatures au sérieux.
— Les miennes sont littéralement des champignons toxiques qui poussent sur des cadavres, précisa Sophian. Mais oui, je les prends très au sérieux.
— Trop, parfois, ajouta Braham. Il parle de ses spores comme d’une famille nombreuse.
— Elles sont plus disciplinées que tes cailloux en fusion.
— Mes cailloux en fusion peuvent écraser tes salades moisies.
La tension se brisa dans un éclat de rire général. Même Maëlle et Noé se détendirent. Pourtant, quelque chose était resté sur la table, invisible mais présent. Le jeu n’était pas seulement un divertissement. Il forçait chacun de nous à révéler une manière de concevoir le pouvoir, la famille, le territoire et la survie. Je repensai à Athenael, à Marrakhan et à Kaëna. À leurs corps si différents, à leurs instincts naissants, à leurs défauts déjà visibles. Je n’avais pas créé deux extensions de moi-même. J’avais créé deux problèmes magnifiques, deux promesses capables de me contredire, de m’inquiéter, de me surprendre.
Et peut-être était-ce justement cela, une lignée.
Pas une multiplication de soi.
Une perte de contrôle acceptée.
La soirée se prolongea encore un moment. Les discussions redevinrent plus légères, même si les jumeaux posaient parfois des questions précises qui trahissaient une intelligence stratégique certaine. Ils demandaient peu de conseils directs, mais retenaient tout. Maëlle surtout semblait écouter comme Kaëna observait : sans effort apparent, mais avec une attention redoutable. Lorsque je quittai finalement le bar, l’air frais de la nuit me frappa le visage. Les lumières de la rue se reflétaient sur le trottoir humide. Je remontai ma veste et pris le chemin de l’arrêt de bus, les mains dans les poches.
Mon téléphone vibra.
Un message de Sophian.
« Les jumeaux sont intéressants. Faudra les surveiller. »
Je souris malgré moi.
Un second message arriva presque aussitôt.
« Et ne fais pas semblant, tu as pensé à tes dragons toute la soirée. »
Je rangeai mon téléphone sans répondre.
Bien sûr que j’avais pensé à eux.
Il faudrait que ma lignée survive à mes propres limites.