Genèse Divine

Chapitre 25 : Un Nouveau Cycle

27/04/2026 4 lectures

De retour dans Genèse Divine, la caverne m'accueillit avec son atmosphère familière, mêlant chaleur et lumière diffuse. Le bruissement discret des lézards bleus et le faible grondement de la lave en arrière-plan me rappelèrent que ce territoire n’était pas seulement un abri, mais une œuvre en constante évolution. Je pris un moment pour m’orienter, laissant mes sens se réajuster à ce monde. Une pulsation dans mon esprit me fit comprendre que Marrakhan était proche, veillant à ses tâches.


Avant toute chose, je consultai mon statut. Une série de données apparut dans mon esprit, détaillant mes ressources, mes compétences, et mes essences vitales accumulées. Je fronçai les sourcils en voyant la quantité d’essences disponibles. Grâce à nos récentes victoires et à l’efficacité croissante de notre écosystème, j’avais maintenant suffisamment d’essences pour envisager un nouvel œuf.


Statut :

Nom : Athenael

Espèce : Dragon primordial

Croissance : Dragon Adulte

Essences vitales : 178/500

Satiété : Légèrement affamé

Statistiques :

-      Force : 45

-      Vitalité : 35

-      Agilité : 28

-      Sagesse : 36

-      Intelligence : 42


Titre :

-      Père des dragons (Permet de créer les œufs de vos descendants directs) – Disponible 1 fois tous les 15 jours


Compétences : Télékinésie (Intermédiaire), Vol (Débutant), Souffle de feu (Intermédiaire)


Je laissai échapper un grognement satisfait. Ces chiffres étaient bien plus qu’un simple indicateur de progression. Ils représentaient les bases sur lesquelles ma lignée pouvait s’épanouir.


— T’as l’air concentré, Père, fit une voix grave derrière moi.


Je me retournai pour voir Marrakhan entrer dans la pièce. Sa silhouette massive semblait encore plus imposante dans la lumière rougeoyante de la caverne. Ses yeux dorés brillaient d’intelligence, et ses mouvements, bien que lourds, dégageaient une puissance contrôlée.


— J’ai assez d’essences pour créer un nouvel œuf, annonçai-je.


Marrakhan inclina la tête, visiblement intrigué.


— Un autre frère ou sœur, alors ? Tu veux que je fasse quoi pendant que tu t’occupes de ça ?


Je réfléchis un instant. La création d’un œuf nécessitait une concentration totale et plusieurs heures d’effort. Pendant ce temps, Marrakhan devait veiller sur le territoire.


— Continue de surveiller les lézards et les scintillants. Assure-toi qu’ils ne s’échappent pas de leurs enclos. Et garde un œil sur les galeries périphériques. Si tu remarques quelque chose d’inhabituel, alerte-moi immédiatement.


Marrakhan hocha la tête, sa queue puissante balayant légèrement le sol.


— Je m’en occupe. Mais fais vite, Père. Si quelqu’un s’approche, je veux pouvoir faire autre chose que juste rugir.


Je laissai échapper un léger rire.


— Fais-moi confiance, Marrakhan. Tu as assez de force pour intimider n’importe quel intrus.


Il grogna avec satisfaction avant de s’éloigner, laissant derrière lui une impressionnante traînée de griffes sur le sol rocheux. Je me dirigeai vers la salle de nidification, mon sanctuaire le plus sacré. L’air y était plus chaud et plus dense, chargé d’une énergie latente que je ressentais profondément. La lumière des cristaux, soigneusement disposés autour du bassin de lave central, créait une ambiance presque mystique.

Avant de commencer, je fis un dernier tour de la salle. Le nid, une alcôve surélevée entourée de pics rocheux et de cristaux lumineux, était prêt. Les réserves de nourriture pour le futur dragonnet étaient bien garnies : des morceaux de viande, des champignons luminescents, et même quelques scintillants vivants pour diversifier son régime. Tout semblait en ordre. Je pris une profonde inspiration, projetant une image mentale de sérénité et de concentration pour me préparer à l’effort à venir. Puis, je m’installai au centre de la pièce, face au bassin de lave. Mon esprit s’ouvrit, et j’activai mon pouvoir de création de vie.

Une chaleur intense monta en moi, irradiant depuis mon cœur jusqu’à mes griffes. Des souvenirs de ma propre évolution et des défis surmontés avec Marrakhan affluèrent, alimentant cette énergie vitale. Je rassemblai tout ce que j’avais appris depuis la création de mon premier œuf : les erreurs commises, les ajustements nécessaires, et surtout, l’importance de transmettre non seulement des caractéristiques physiques, mais aussi des instincts et des traits spécifiques.


— Montre-moi comment tu fais ça, marmonna Marrakhan à travers notre lien mental.


Je répondis par une vague de mécontentement. Bien qu’il soit curieux, ce processus demandait une concentration totale. La lumière autour de moi s’intensifia tandis que l’énergie se rassemblait dans mes griffes. Je la modelai lentement, donnant forme à un noyau incandescent qui pulsait comme un cœur. Chaque pulsation représentait un fragment d’essence vitale transféré dans cette création. Peu à peu, le noyau grandit, se solidifiant pour devenir un œuf. Sa surface, lisse et brillante, prenait des teintes cuivrées mêlées de reflets rouges, une promesse de la puissance latente qu’il contenait. Le processus était épuisant, mais chaque seconde renforçait mon lien avec cette nouvelle vie.

Lorsque l’œuf fut complet, une notification apparut devant mes yeux :


"Œuf de dragon créé. Temps d’incubation estimé : 172 heures."


Un soupir d’épuisement m’échappa, mais je ressentais une immense satisfaction. L’œuf brillait doucement dans le nid, baigné par la chaleur du bassin de lave. Il était parfait.


Je me relevai lentement, mes muscles tendus par l’effort, et projetai une image mentale à Marrakhan pour l’informer de ma réussite.


— Ça y est, Père ? demanda-t-il, entrant prudemment dans la salle. Son regard se posa immédiatement sur l’œuf, et il émit un faible grognement d’approbation. Il s’approcha, sa tête massive inclinée, ses yeux brillants d’une curiosité mêlée de respect.


— Oui, répondis-je. Voici ton futur frère ou ta future sœur. Il faudra veiller sur lui, comme je veille sur toi.


Marrakhan acquiesça, sa voix prenant une intonation plus sérieuse.


— Tu peux compter sur moi. Personne ne touchera à cet œuf tant que je serai là.


Je laissai échapper un rugissement doux, un mélange de gratitude et de fierté. Marrakhan grandissait non seulement en force, mais aussi en maturité.

Comme la fois précédente la création de l’œuf me poussa dans un sommeil nécessaire pour récupérer les forces que j’avais consacré à cette création. Le système du jeu me tira de force en dehors.

Ma première réflexion fut que j’avais été peut-être un peu trop impatient et que je venais de gâcher une nuit entière de jeu en créant cet œuf dans les premières heures du jeu. Je regardais l’heure et constatais qu’il restait encore six heures avant le levé du soleil. Pour la première fois depuis plusieurs mois je décidais de dormir sans le casque VR.

Le froid matinal mordait encore ma peau lorsque j’arrivai sur le campus. La lumière pâle de l’aube se reflétait sur les bâtiments modernes, et la vie étudiante commençait doucement à s’animer. Le vent portait les échos des conversations et les rires de quelques groupes éparpillés autour des cafés et des bancs. Je repérai rapidement Sophian près de l’entrée de notre bâtiment habituel. Il m’attendait, une tasse de café à la main, et son éternel sourire joueur sur les lèvres.


— T’as pas encore fondu avec ce froid, dragon ? lança-t-il en guise de salut, son ton moqueur accompagné d’un clin d’œil.


— Heureusement que j’ai mon souffle de feu virtuel pour me réchauffer, répondis-je en attrapant un croissant dans le sac qu’il me tendait. Alors, quoi de neuf sur ton front de guerre ?


Sophian prit une gorgée de café, son expression devenant plus sérieuse.


— Lucan monte en puissance. Ses orcs contrôlent presque tout le nord des marais. J’ai réussi à tenir mes positions grâce à mes Mycorax, mais leurs ressources semblent infinies. Le gars a dû trouver une alliance ou un truc du genre.


— Une alliance ? Avec qui ? demandai-je, intrigué.


— C’est là que ça devient intéressant, dit-il avec un sourire énigmatique. J’ai intercepté un éclaireur. Il portait l’emblème d’une horde massive qui s’étendrait à l’est. Apparemment, un chef orc sanguinaire dirige cette faction, et Lucan pourrait en être un général ou un allié.


Je fronçai les sourcils, tentant de relier ces informations à ce que je savais de ma propre région dans le jeu.


— Et toi, tu tiens le coup ? Les Mycorax suffisent ? demandai-je.


Sophian haussa les épaules, prenant une autre gorgée.


— Pour l’instant. Mais si cette alliance est réelle, je vais avoir besoin d’aide. C’est d’ailleurs pour ça que je voulais te parler. J’ai fait quelques recherches sur ta zone. Tes grottes… Je crois savoir où elles se trouvent.


Je manquai de m’étouffer avec mon croissant.


— Sérieusement ? Tu sais où je suis ?


— Pas précisément, répondit-il avec un sourire narquois. Mais j’ai localisé une chaîne de montagnes dans le sud qui correspond à la description de ton territoire. Le problème, c’est que la région est infestée de créatures, et pas des petites. Des trucs massifs, genre serpents cristallins et golems élémentaires.


Je laissai échapper un sifflement bas. Si Sophian avait raison, cela expliquait pourquoi si peu de joueur m’avait trouvé. Mon territoire était un véritable labyrinthe naturel, mais cela le rendait aussi difficilement accessible pour d’éventuels alliés.


— Si tu veux que je te rejoigne, va falloir nettoyer un peu le chemin, plaisanta-t-il. Mais sérieusement, garde un œil ouvert. Si Lucan a des alliés aussi puissants, ton isolement pourrait devenir un problème.


Je hochai la tête, touché par son inquiétude. Sophian était parfois un peu trop insouciant, mais sa loyauté et son intelligence stratégique étaient indéniables.


— Merci pour l’info, dis-je avec un sourire sincère. Et toi, tiens bon de ton côté. Si ça devient trop chaud, fais-le-moi savoir. Peut-être qu’on pourrait organiser quelque chose ensemble.


Il hocha la tête, son sourire s’élargissant.


— Toujours là pour toi, dragon. Bon, je dois filer, mon cours commence dans cinq minutes. Toi aussi, non ?


Je regardai ma montre et soupirai.


— Ouais, macro-économie. Je te laisse, on se reparle bientôt.


Le cours de macro-économie se tenait dans l’un des amphithéâtres les plus modernes du campus. Les sièges confortables et les écrans interactifs donnaient presque envie d’y rester, malgré le sujet parfois dense. L’enseignant, un homme d’une soixantaine d’années avec une voix posée et une diction impeccable, était connu pour rendre les concepts les plus complexes accessibles à ses étudiants.


— Mesdames et messieurs, commença-t-il après avoir salué l’audience. Aujourd’hui, nous allons explorer l’impact économique des politiques démographiques sur les cent dernières années.


Je m’installai confortablement, mon carnet prêt à prendre des notes. L’enseignant projeta un graphique complexe sur l’écran principal, illustrant les variations de la croissance mondiale.


— En 2050, la population mondiale atteignait dix milliards, entama-t-il. Aujourd’hui, elle est stabilisée autour de quinze milliards, grâce à des politiques de contrôle strictes comme la loi mondiale sur l’enfant unique. Mais cette stabilisation a eu des conséquences profondes sur la consommation, les marchés du travail et l’innovation.


Il marqua une pause, laissant le temps aux étudiants d’assimiler ses propos.


— La réduction de la natalité a réduit la demande dans certains secteurs, comme l’éducation et les produits pour enfants, mais elle a également créé une pression accrue sur les systèmes de retraite. Nous sommes face à une population vieillissante et à des défis économiques uniques. Mais cela a aussi entraîné une innovation sans précédent pour compenser cette stagnation.


Je notai les points clés, mes pensées vagabondant vers les parallèles entre ce monde et Genèse Divine. L’équilibre entre croissance et ressources était une problématique universelle, qu’elle soit économique ou biologique.


L’enseignant continua, expliquant comment les nouvelles technologies et les politiques écologiques avaient émergé pour répondre aux besoins d’une population mondialisée et vieillissante. C’était fascinant, mais mon esprit restait hanté par les implications plus personnelles de ces lois. Combien de libertés étions-nous prêts à sacrifier pour notre survie collective ?


Après le cours, je retrouvai Adrien, mon camarade responsable de la race lupine. Il m’attendait près de l’entrée de l’amphithéâtre, son sac en bandoulière et un sourire satisfait sur le visage.


— Nathaniel ! Tu tombes bien, j’ai des trucs à te raconter, lança-t-il en me rejoignant.


Nous prîmes un banc à l’extérieur, profitant des rayons de soleil timides de l’après-midi.


— Alors, comment ça se passe pour ta meute ? demandai-je.


Adrien se redressa, visiblement fier.


— Ça avance bien. J’ai réussi à établir un village de rondins dans un forêt sombre. C’est parfait pour nous protéger pendant la journée, et ça nous donne un avantage stratégique pour chasser la nuit. Les rondins sont renforcés avec des griffes qu’on a trouvées sur des créatures locales.


— Pas mal, admis-je. Et tes rencontres avec d’autres joueurs ? Ça donne quoi ?


Il soupira, son expression devenant plus grave.


— J’en ai croisé quelques-uns. Rien de trop hostile, sauf un en particulier. Un émissaire Minotaure. Il se disait membre d’une horde dirigée par un chef orc sanguinaire.


Je fronçai les sourcils. Le nom de Lucan résonna immédiatement dans mon esprit.


— Ce Minotaure, il a mentionné un nom ? demandai-je.


Adrien secoua la tête.


— Pas directement. Mais il m’a averti de ne pas trop m’approcher des plaines à l’est. Apparemment, cette horde contrôle une grande partie de cette région. Et leur chef est connu pour éliminer toute opposition.


Un frisson me parcourut. Ces informations coïncidaient avec ce que m’avait dit Sophian. Si Lucan faisait partie de cette horde, cela signifiait qu’une menace bien plus grande se dessinait.


— Reste sur tes gardes, conseillai-je. Si ces types s’installent près de toi, ils pourraient rapidement devenir un problème.


Adrien hocha la tête.


— Merci du conseil. Et toi ? Tes dragons, ils grandissent bien ?


Je laissai échapper un sourire fier.


— Marrakhan est adolescent maintenant. Il est incroyablement fort, et il m’aide à aménager mon territoire. On a même mis en place une chaîne alimentaire avec des lézards et des scintillants.


Adrien éclata de rire.


— Une chaîne alimentaire ? Mec, t’es pas seulement un joueur, t’es un écosystème à toi tout seul.


Je ris avec lui, appréciant sa capacité à alléger les conversations les plus sérieuses. Mais derrière nos rires, je sentais l’ombre de Lucan s’étendre. Il était clair que les alliances et les conflits allaient bientôt s’intensifier, et je devais me préparer.


Alors que nous quittions le banc pour rejoindre nos cours respectifs, je fis un dernier signe à Adrien.


— Reste prudent, d’accord ? Si tu rencontres d’autres joueurs, essaie d’en apprendre plus sur cette horde. Et garde ton village sécurisé.


— Pareil pour toi, répondit-il avec un clin d’œil. Fais attention à tes écailles, dragon.


Je souris en m’éloignant, mais mes pensées restaient tournées vers les défis à venir.